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  • Amélie Laurent

Journée contre la violence faite aux femmes. C'était le 25 novembre.


"C’est l’histoire d’un couple parfait, envié, enviable, instagrammable. Elle est sa reine, il est le roi, ils s’aiment, s’aiment, s’aiment, et ça se voit. La journée ne se quittent pas, le soir il la prend dans ses bras.

Collé, serré, tout contre lui, faudrait pas qu’elle voit la sortie. Il est son centre, et son pilier, sa boussole, et son chevalier. Collé, serré, à l’étouffer, qu’elle essaye pas de respirer. Vivre sans lui ? Mais quelle idée. Elle saurait pas, jolie poupée. Elle est gentille, 'fin, ça dépend. Parfois, elle pousse, elle exagère, alors elle en prend plein les dents. C’est pour elle, oui, c’est nécessaire, enfin c’est vrai, faut qu’elle comprenne, elle est sa reine, il est le roi, lui apprend à marcher tout droit. Alors parfois, sous le maquillage, y a des bosses et puis y a des bleus, le camouflage, elle sait que c’est moche, mais c’est comme mentir à ses proches, ça aussi maintenant, elle sait faire, soigner le flou, dire l’amour fou, et entretenir jusqu’au bout, les rêves d’avant, les illusions. En vrai elle est en perdition. Mais il finira par revenir, ce roi qui l’avait tant fait rire, ça finira par devenir vrai, c’qu’il promettait, c’qu’il lui jurait. Après tout elle est pas idiote, elle pourrait pas avoir foncé dans ce piège beaucoup trop grossier. Après tout c’est un peu de sa faute, elle se plaint et puis elle provoque, c’est bien normal, si il se moque. Il l’humilie, la fout à terre, les coups pleuvent deviennent régulier. Plus la peine de photoshoper. Plus de réseaux et plus d’amis, le roi a dit : ça, c’est fini. La reine est seule, elle est dans le noir, c’est lui qui a la main sur l’histoire. Bientôt il lui coupera la tête, elle est sa chose, et elle est prête. Elle est en route vers le billot, mais voilà que tiens elle s’arrête. Pas elle, pas là, et pas comme ça, elle y arrivera, elle survivra. Il lui faut une force dantesque et un courage titanesque, elle trouve le chemin, vers la sortie, cabossée, brisée, mais en vie. Chais même pas comment elle a fait, parvenir à sauver sa peau, et recoller tous ses morceaux, et puis se construire un après. La route est longue, mais elle y est. Chapeau madame, vous m’épatez. "

Introduction de l'émission France Inter du 20 novembre " Uniques en leur genre : Marie et Laura, ex victimes des violences conjugales"


Quelques chiffres à retenir :

80 % des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite.

18 % des mains courantes donnent lieu à investigation.

65 % des femmes mortes sous les coups de leur compagnon avaient porté plainte.

Conclusion : la justice, à ce jour, n'est pas encore à la hauteur...


Les enfants, victimes collatérales des violences conjugales, ne sont pas assez pris en compte. Ils développent des symptômes post traumatiques sévères.


La meilleure prévention?

Dès le collège et le lycée, il faut en parler.

L'éducation affective et sexuelle est une urgence, elle devrait être une priorité aujourd'hui dans tous les établissements scolaires!!


Laura termine l'émission en disant : " j'aurais eu un témoignage pendant mes années lycée, j'aurais eu un déclic!"










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